Asta Gröting. Where do you see yourself in 20 years?

22.09.2019 – 24.11.2019

Asta Gröting (*1961, Allemagne) combine des objets de ses débuts de carrière datant de années 1990, qui se retournent de l’intérieur à l’extérieur, avec l’aide de nouvelles sculptures et vidéos qui traitent de la déconstruction physique et psychologique de l’existence humaine. Qu’il s’agisse de représenter l’espace créé par les corps de couples aimants lors de l’acte sexuel ou de rendre visibles les trous de fusil dans les façades des bâtiments de Berlin pendant la Seconde Guerre mondiale, Gröting révèle l’intérieur des choses. Elle subvertit le style de la sculpture monumentale pour diriger notre regard vers l’espace vide et les différences physiques et émotionnelles entre les personnes et les choses. Gröting s’inspire de membres de famille, d’ amis ou encore de personnalités historiques en utilisant son travail intermédial pour explorer des qualités abstraites comme la pensée, l’intimité, la dignité, le chagrin, les conflits et la subjectivité. En travaillant continuellement avec les lacunes, les intérieurs et les entrailles, elle questionne le corps en tant que construction sociale conceptuelle et émotionnelle en lui enlevant quelque chose et en permettant à cette pièce manquante de parler pour elle-même.

L’intérêt de Gröting pour les espaces invisibles, que les corps créent par leurs mouvements, et leurs caractères émotionnels sont typiques des sculptures en polyuréthane et silicone Space Between Lovers (2014-15) et représentent un moment d’intimité pur. Pour les Berliner Fassaden (2016-18), Gröting a réalisé des moulages en silicone de bâtiments publics endommagés durant la Seconde Guerre mondiale. Ce processus révèle non seulement la structure architecturale, mais aussi la poussière et la saleté accumulées pendant des décennies dans les trous de fusil et peut être compris comme une récrimination contre l’oubli. Les façades fonctionnent comme traductrices sculpturales d’une « lente révélation » qui fait passer le XXe siècle au XXIe siècle en un seul instant. La lenteur ainsi que l’urgence des objets et des actions du quotidien sont également sujet des trois nouvelles vidéos. Projetées en grand format, elles rappellent les tableaux vivants ou les natures mortes des anciens maîtres.

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